On ne choisit pas ce qu’on aime

« Il ne fait rien de la journĂ©e, ses notes sont en chute libre. Je n’arrive pas Ă  le motiver Ă  quoi que ce soit. »

Une mĂšre de famille me tenait ce discours Ă  propos de son fils adolescent. Elle voulait que je l’aide, que je le motive Ă  quelque chose peut-ĂȘtre. Mais quoi ?

Le problĂšme commençait Ă  prendre des proportions qui l’inquiĂ©taient de plus en plus. Toutes ses tentatives de le motiver Ă  quelque chose semblaient avoir Ă©chouĂ©. Face Ă  cette impasse, que faire ?

Au risque de vous dĂ©cevoir, cette histoire n’a pas d’heureux dĂ©nouement (ni de dĂ©nouement tout court d’ailleurs). Aller voir un adolescent qui n’avait rien demandĂ© pour tenter de le motiver Ă  faire « quelque chose » ? Bonjour la mission impossible. Je ne suis pas fou.

Je ne suis pas allĂ© plus loin car, quelque part, je ressentais que le problĂšme Ă©tait mal posĂ©. Evidemment, cet adolescent souffrait probablement d’un mal-ĂȘtre. Il n’Ă©tait pas excitĂ© par ce qu’il faisait, par ce qu’il apprenait Ă  l’Ă©cole. Bref, un spĂ©cimen d’adolescent tout Ă  fait courant. 😅


Maintenant, de deux choses l’une :

  • Soit cet adolescent n’avait pas trouvĂ© ce qu’il aimait. L’idĂ©al est alors de prendre du recul et se donner le temps et les occasions de le dĂ©couvrir. Voyager aide. Tester des mĂ©tiers aide. C’est d’ailleurs dans cet esprit que nous avons conçu PrĂ©p’apprentissage, pour faire tester 4 mĂ©tiers diffĂ©rents avant de s’engager dans l’un d’eux en formation en apprentissage.
  • Soit cet adolescent avait trouvĂ© ce qu’il aimait, mais il n’en Ă©tait pas conscient. Et c’est bien lĂ  le problĂšme : beaucoup savent ce qu’ils aiment au fond mais enfouissent cette idĂ©e dans les trĂ©fonds de leur conscience car elle ne correspond pas aux attendus de la sociĂ©tĂ©.

J’aimerais Ă©voquer ici le second cas. AprĂšs tout, si ce qu’on aime ne correspond pas aux attendus, s’il n’y a (apparemment) pas de dĂ©bouchĂ©s, alors il suffit de changer. Il suffit… de se forcer Ă  aimer autre chose… n’est-ce pas ?

J’ai mis du temps Ă  le rĂ©aliser, mais c’est tout bonnement impossible, sauf Ă  se faire durablement souffrir psychologiquement.

On ne choisit pas ce qu’on aime. On ne choisit pas qui on aime. Ca vous tombe dessus, tout simplement.

La sociĂ©tĂ©, votre famille, vos amis, vous mettront indirectement la pression pour aller dans la voie convenable. Personne ne vous dit que ce que vous aimez « n’est pas une voie convenable », mais vous avez bien compris que c’Ă©tait le message. Alors vous essayez de plaire, de faire ce qu’on attend de vous. Vous vous forcez. Ca marche un temps, mais vous vous mentez Ă  vous-mĂȘme. Vous pouvez fuir, ça ne changera rien Ă  ce que vous aimez.

Si vous aimez un type d’activitĂ©, ĂȘtre plutĂŽt seul ou au contraire en groupe, travailler avec un certain type de personnes… c’est vous. Vous ĂȘtes comme ça.

Vous pouvez tordre la vĂ©ritĂ©, la jeter au fond d’un trou : elle reviendra vous voir, elle vous retrouvera et vous suivra inlassablement.

On ne choisit pas ce qu’on aime. On ne choisit pas qui on aime. Ca vous tombe dessus, tout simplement. A vous d’en faire quelque chose.

Le triple bilan đŸ’°đŸ€đŸŒ±

Pour prendre les bonnes dĂ©cisions, une entreprise a besoin d’un document qui rĂ©sume sa situation. Ce document doit ĂȘtre une sorte de photo de l’entreprise. Une photo qui dit : « voilĂ  qui nous sommes, voilĂ  oĂč nous en sommes ». Il nous permet de dĂ©cider dans quelle direction aller.

Historiquement, ce document est le bilan comptable. Il permet d’observer l’entreprise sur son aspect financier.

Un bilan comptable (exemple fictif)

Ce document (avec d’autres documents financiers) sert de base de discussion : comment va l’entreprise, que doit-on faire, etc. Globalement, la discussion est centrĂ©e autour de ces informations financiĂšres.

Or, si les documents financiers indiquent la viabilitĂ© de l’entreprise, ils ne donnent pas de contexte sur d’autres enjeux tout aussi importants, comme son bilan social ou environnemental. On se rend compte aujourd’hui que piloter une entreprise uniquement sur le plan financier peut amener Ă  des dĂ©sastres sociaux et environnementaux. Une entreprise peut ĂȘtre trĂšs rentable, trĂšs bien gĂ©rĂ©e, et pourtant polluer terriblement la planĂšte.

Le problĂšme est qu’il n’y a pas vraiment de standard pour faire le bilan des aspects sociaux et environnementaux. Il y a bien B Corp dont je parlais rĂ©cemment (et impact.gouv.fr en France depuis peu), mais cela reste loin de la maturitĂ© des standards financiers.

Regardez un bilan financier : sa structure est claire, il y a des normes, des normes internationales (et encore, cela varie parfois). Pour un bilan social et environnemental, chacun y va encore de la façon qui l’arrange le plus, pour prĂ©senter l’entreprise sous son meilleur jour si possible. VoilĂ  comment on en arrive Ă  faire du social washing et du green washing.

Que fait OpenClassrooms ?

OpenClassrooms est une entreprise Ă  mission et sa mission est sociale : rendre l’Education accessible. Son impact est sur l’emploi : nous mesurons le nombre d’emplois que nous parvenons Ă  crĂ©er. Notre objectif est d’aider 1 million d’Ă©tudiants dans le monde Ă  trouver un emploi en 2025.

Mais OpenClassrooms, comme toute entreprise, a aussi un impact environnemental, qu’on le veuille ou non. Nous ne sommes pas une entreprise « green tech » mais nous avons une responsabilitĂ©. C’est pour cela que nous commençons Ă  mesurer cet impact : que produisent nos propres dĂ©placements professionnels, mais aussi et surtout nos serveurs ?

L’empreinte carbone d’OpenClassrooms est mesurĂ©e selon un protocole prĂ©cis
(source : Quantis)

Pour OpenClassrooms, l’essentiel des Ă©missions est dans le scope 3 Ă  savoir les Ă©missions indirectes. Il faut ĂȘtre prĂ©cis et comparer les Ă©tudiants gratuits (sur les cours), les Ă©tudiants payants (sur les parcours), regarder leur usage, etc.

Ce travail a Ă©tĂ© fait par Quantis, et nous en avons les premiers rĂ©sultats aujourd’hui. Sans tout dĂ©tailler ici, car c’est un peu tĂŽt, nous avons un premier enseignement : c’est d’abord le visionnage de vidĂ©os qui provoque le plus de rejets de CO2.

Les principales émissions de CO2 pour OpenClassrooms viennent du visionnage des vidéos (source: Quantis)

Que faire ensuite ?

Ce n’est qu’un premier pas, mais un pas important : nous avons maintenant une premiĂšre mesure de notre impact. Il nous reste encore beaucoup Ă  faire.

Nous savons que les vidĂ©os sont consommatrices de ressources. Nous pouvons tenter d’optimiser la bande passante, Ă©viter de les lancer automatiquement, etc. C’est ce que nous allons regarder de plus prĂšs.

Si on prend du recul, une question nous taraude : est-ce plus doux pour la planĂšte de se former en ligne ou en prĂ©sentiel ? Nous n’avons pas encore la rĂ©ponse : il y a beaucoup moins de dĂ©placements des Ă©tudiants et professeurs, mais en revanche il y a beaucoup plus de serveurs. Nous avons l’intuition que la formation en ligne a moins d’impact environnemental, mais cela reste encore Ă  prouver.

En revanche, nous avons une conviction dans tous les cas : nous voulons contribuer Ă  la neutralitĂ© carbone de nos Ă©missions. Cela veut dire que le diplĂŽme de chaque Ă©tudiant doit ĂȘtre neutre en carbone Ă  l’avenir. Pour cela, il faut rĂ©duire notre impact mais aussi financer des projets ayant un impact positif pour l’environnement. Cela rĂ©duira mĂ©caniquement notre marge financiĂšre, mais c’est un compromis que nous devons faire. Nous avons une responsabilitĂ©.

Plus tard, nous aspirons Ă  atteindre un certain Graal du reporting. Au lieu de faire simplement un reporting financier, nous combinerions :

  • Reporting financier 💰 : quelle est notre santĂ© financiĂšre ?
  • Reporting social đŸ€ : quel est notre impact sur l’emploi ?
  • Reporting environnemental đŸŒ± : quel est notre impact sur la planĂšte ?

Cela devrait donner une vue plus complĂšte et plus juste d’une entreprise comme OpenClassrooms. Le chemin pour y parvenir sera peut-ĂȘtre long, mais nous avons hĂąte !

Pourquoi le label B Corp mĂ©rite d’ĂȘtre plus connu

OpenClassrooms a rĂ©cemment obtenu le label B Corp. Pourtant, quand j’en parle autour de moi, les regards sont souvent incrĂ©dules, parfois mĂȘme dĂ©sintĂ©ressĂ©s. B Corp ne semble tout simplement pas connu du grand public.

Pourtant, pour avoir vu ce qu’Ă©tait la certification B Corp, je suis dĂ©sormais convaincu d’une chose : B Corp gagnerait Ă  ĂȘtre plus connu. Ce label reprĂ©sente Ă  mon sens beaucoup de ce que les gens attendent aujourd’hui d’une entreprise. Il y a eu tellement de green washing, social washing et maintenant mission washing qu’il est normal d’ĂȘtre un peu sceptique. Mais B Corp est vraiment sĂ©rieux. Voici pourquoi.


Le label B Corp

Le label B Corp a pour objectif de « certifier les entreprises privées qui intÚgrent dans leur mission, leur modÚle économique, leurs effectifs, leurs produits, des objectifs sociaux, sociétaux et environnementaux ».

Ce n’est pas du blabla. B Corp est un label international exigeant. Il faut rĂ©pondre Ă  plus de 200 questions, c’est le B Impact Assessment. Ce questionnaire est ouvert Ă  tous et gratuit. Il faut moins d’une heure pour avoir un premier aperçu, mais en pratique il faudra plusieurs heures pour avoir un rĂ©sultat final : le score de votre entreprise.

Les questions sont réparties en plusieurs catégories :

  • Gouvernance : comment l’entreprise est gĂ©rĂ©e
  • Travailleurs : comment l’entreprise fonctionne avec ses Ă©quipes
  • CommunautĂ© : quel est l’impact de l’entreprise sur la sociĂ©tĂ©
  • Environnement : quel est l’impact de l’entreprise sur l’environnement
  • Clients : comment l’entreprise crĂ©e de la valeur pour ses clients

Voici un aperçu des questions pour vous montrer Ă  quel point c’est pointu :

Toutes ces questions permettent de totaliser au maximum 200 points. Personne n’atteint les 200 points en pratique :

  • En moyenne, les entreprises « ordinaires » ont un score d’environ 50.
  • Pour ĂȘtre labellisĂ© B Corp, il est nĂ©cessaire d’avoir un score d’au moins 80.
  • OpenClassrooms a obtenu dĂšs la premiĂšre annĂ©e un score de 101,2, ce qui est vraiment bon, mais bien sĂ»r encore amĂ©liorable.
  • Quelques entreprises exceptionnelles parviennent Ă  un score de 130, voire 150.
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Signification du B Impact Score

Il ne suffit pas de rĂ©pondre aux questions pour ĂȘtre certifiĂ©. Il faut ensuite passer un vĂ©ritable examen pour prouver les rĂ©ponses Ă  vos questions. Un examinateur (c’est lĂ  que ça devient payant) va vous demander des preuves de ce que vous avancez.

L’examinateur nous demande des preuves de notre politique d’allaitement pour les jeunes mamans

Le score est ensuite validĂ© par l’examinateur, puis publiĂ© en ligne. Par exemple, le score d’OpenClassrooms est disponible en ligne ici.

Le score d’OpenClassrooms officiellement certifiĂ© est disponible en ligne.
La moyenne des entreprises est 50,9. Le score de 80 est le minimum pour ĂȘtre certifiĂ©.

L’histoire ne s’arrĂȘte pas lĂ . Le score est valable 3 ans. Il faut ensuite repasser le questionnaire.

L’objectif est bel et bien de s’amĂ©liorer : B Corp est au fond un vrai processus d’amĂ©lioration continue, et pas juste un label. Nous avons dĂ©jĂ  travaillĂ© en petits groupes chez OpenClassrooms pour identifier comment nous pouvons nous amĂ©liorer… et avoir un meilleur score la prochaine fois. 😊

Enfin, B Corp est aussi un rĂ©seau d’entreprises qui vont en gĂ©nĂ©ral vouloir travailler ensemble. Parmi les plus connues Ă  l’international, citons Patagonia et Ben&Jerry’s. En France, la Camif, Welcome to the jungle, Nature&DĂ©couvertes… et mĂȘme Citizen Capital, un fond d’investissement qui a investi notamment chez… OpenClassrooms. Le monde est petit. 🙃

Quel est l’impact du test d’admission sur la rĂ©ussite des Ă©tudiants ? đŸ§Ș

Qu’est-ce qu’une bonne formation ?

Est-ce une formation dont les étudiants ont un bon taux de réussite ? Mais alors, devrait-on viser les 100% de taux de réussite ?

VoilĂ  un moment que je me dis qu’on a suffisamment de matiĂšre sur OpenClassrooms pour contribuer Ă  la discussion publique autour de l’Education. Bien sĂ»r, on a un biais, c’est Ă©vident, mais est-ce que ça devrait nous empĂȘcher de partager ce qu’on apprend ?

Au pire, les retours nous aideront à repérer nos erreurs.
Au mieux, ce que nous apprenons pourra ĂȘtre utile Ă  d’autres.


Cela fait des annĂ©es que des chercheurs essaient de trouver les ingrĂ©dients qui font qu’une formation est efficace. Nous voulons tous augmenter les chances de rĂ©ussite des Ă©tudiants. Le problĂšme, c’est qu’on n’a pas trouvĂ© de moyen simple de le faire (Ă  part donner des diplĂŽmes en chocolat Ă  tout va, bien sĂ»r đŸ«).

On l’a vu, proposer des cours en ligne gratuits et ouverts Ă  tous, comme des MOOCs, n’est pas une solution magique. De trĂšs nombreux cours sont dĂ©sormais accessibles Ă  tous en ligne, que ce soit sur YouTube ou bien sur OpenClassrooms oĂč les cours sont gratuits depuis le premier jour. Mais le sujet de l’accessibilitĂ© de l’Education n’a pas Ă©tĂ© rĂ©solu pour autant.

Je me suis donc dit que ce serait une bonne idĂ©e de faire de la recherche sur nos donnĂ©es et de partager ces rĂ©sultats. MĂȘme si je n’ai pas d’expĂ©rience en recherche, mĂȘme si je sais que c’est loin d’ĂȘtre parfait, je me suis dit qu’il fallait bien commencer quelque part.

Notre premiĂšre analyse porte sur l’impact du processus d’admission sur la rĂ©ussite moyenne des Ă©tudiants. Parfois, nos Ă©tudiants passent par un processus d’admission, parfois ce n’est pas le cas. Est-ce que les Ă©tudiants qui passent par ce processus d’admission, par cet examen d’entrĂ©e, ont plus de chances de rĂ©ussir leur formation que les autres ?

AprĂšs tout, pourquoi faire des tests Ă  l’entrĂ©e dans les Ă©coles ? On pourrait (en thĂ©orie) laisser sa chance Ă  tout le monde. C’est d’autant plus vrai pour les Ă©coles en ligne comme OpenClassrooms, oĂč les problĂ©matiques de places disponibles se posent moins.

Sauf que voilĂ , ce n’est peut-ĂȘtre pas une bonne idĂ©e non plus. Cela voudrait aussi dire que beaucoup d’Ă©tudiants dĂ©marreraient la mauvaise formation, Ă©choueraient et perdraient du temps. J’ai voulu savoir si, au fond, le processus d’admission aidait Ă  augmenter le taux de rĂ©ussite moyen d’une formation. Il semble que oui : en moyenne, les Ă©tudiants qui passent par un processus d’admission au dĂ©but ont 62% de chances de plus de rĂ©ussir leur formation.


Cependant, ce n’est pas aussi simple que ça. D’autres facteurs semblent jouer dans la rĂ©ussite : le suivi par un mentor, avoir un tuteur en entreprise, avoir dĂ©jĂ  un bon niveau scolaire, avoir un rythme clairement dĂ©fini… Nous ne savons pas Ă  quel point ces Ă©lĂ©ments jouent, mais nous comptons creuser cela lors de futures recherches.

En attendant, vous pouvez librement consulter cette analyse en ligne (en anglais). N’hĂ©sitez pas Ă  rĂ©agir, Ă  me dire ce que vous en pensez et Ă  poser des questions ! Il y a beaucoup de matiĂšre et j’aimerais vraiment que cela puisse servir Ă  d’autres Ă©coles, aux Ă©tudiants comme aux pouvoirs publics, pour les aider dans leurs dĂ©cisions.

Lire le document de recherche:
« How does the presence of an admission process impact students’ likelihood of success?« 

Photo by Joyce McCown on Unsplash

Comment je suis devenu Ă©tudiant sur OpenClassrooms Ă  mon tour

Dans le monde des startups, il y a une expression qui circule que j’aime beaucoup : « Eat your own dog food » (qu’on pourrait traduire poliment par « Mangez votre propre soupe »). L’idĂ©e est que, si votre produit est aussi bon que vous le prĂ©tendez, vous devriez le consommer vous-mĂȘmes. Je ne sais pas d’oĂč vient l’expression (d’un producteur de nourriture pour chiens j’imagine ?) mais elle a le mĂ©rite d’ĂȘtre directe !

J’ai souvent consultĂ© des cours sur OpenClassrooms mais ces cours sont gratuits. On ne les vend pas. Le produit que l’on vend, ce sont les formations organisĂ©es autour de ces cours, qui amĂšnent Ă  un diplĂŽme. Elles consistent Ă  rĂ©aliser des projets avec l’aide d’un mentor et des cours. Et ça, je ne l’avais jamais fait moi-mĂȘme.

Pourtant, j’ai moi aussi besoin de me former rĂ©guliĂšrement. Mon travail consiste aujourd’hui Ă  piloter l’innovation de l’entreprise… et avec une boĂźte de 300 personnes maintenant, c’est un nouveau challenge pour moi.

Ca tombe bien : nous proposons une formation en anglais rĂ©alisĂ©e en partenariat entre OpenClassrooms et Stanford (une universitĂ© dont vous avez normalement entendu parler 😅). Elle s’appelle Digital Transformation Lead.

Moi (en bas) concentré pendant ma soutenance !

Seul problĂšme : cette formation complĂšte est longue et je ne suis pas intĂ©ressĂ© par tous les projets. Ca tombe bien, car on offre aussi la possibilitĂ© de faire un morceau de formation (juste 1 ou 2 projets) et d’obtenir un certificat pour ce morceau. Ce n’est pas encore particuliĂšrement mis en avant mais ce sera prochainement le cas. En attendant, l’offre est proposĂ©e aux entreprises sous le nom de BOOST.

Je suis parti sur la formation BOOST « Change management » qui est donc un morceau de la formation Digital Transformation Lead avec Stanford.

Je me suis donnĂ© 3 mois Ă  la fin de 2020 pour faire cette formation, basĂ©e sur un unique (mais gros) projet. Il m’aura fallu un peu plus de 2 mois en pratique.

Ce que j’ai pensĂ© de ma formation

  • Il n’y avait qu’un projet… mais quel projet ! Il Ă©tait trĂšs complet, assez difficile mais vraiment bien conçu. Il donnait assez de latitude pour aborder le problĂšme comme on le souhaitait, ce que j’ai beaucoup aimĂ©.
    J’ai repĂ©rĂ© quelques petites incohĂ©rences dans l’Ă©noncĂ© que l’on a pu rapidement corriger aprĂšs discussion avec mon mentor. Il faut dire que j’Ă©tais parmi les premiers Ă©tudiants sur ce projet !
  • J’ai eu une excellente expĂ©rience avec mon mentor Mike. Il Ă©tait trĂšs sympathique, prĂ©venant et bien informĂ©. Il a Ă©tĂ© un Ă©lĂ©ment essentiel pour ne pas dire pivot de ma rĂ©ussite.
    Je ressors d’autant plus convaincu que le fit entre le mentor et l’Ă©tudiant est essentiel. Pour ça, il faut s’assurer que l’on a des relations de qualitĂ©. J’ai plein d’idĂ©es pour cela et on va commencer des premiers tests bientĂŽt.
  • Je n’ai pas utilisĂ© tous les cours. Ceux-ci ne sont pas obligatoires pour valider la formation, c’est une des spĂ©cificitĂ©s d’OpenClassrooms. Je pense que cela dĂ©pend des Ă©tudiants : certains adorent et veulent tous les faire, d’autres veulent aller plutĂŽt droit au but (je suis de ceux-lĂ ). C’est l’avantage des formations OpenClassrooms : elles ne nous forcent en rien. Si un cours ne nous intĂ©resse pas on peut l’ignorer ou en suivre un autre. Apparemment, d’autres Ă©tudiants sur le mĂȘme parcours ont consommĂ© tous les cours avec aviditĂ©. Moi je n’en ai pas ressenti autant le besoin.
  • J’ai ressenti beaucoup de plaisir Ă  valider ma formation aprĂšs la soutenance Ă  la fin. Je pense qu’on pourrait jouer encore plus sur l’effet de plaisir que suscite la rĂ©ussite sur OpenClassrooms : j’ai juste Ă©tĂ© informĂ© par email, je n’aurais pas crachĂ© sur un tonnerre d’applaudissements. 😆
Un aperçu d’une prĂ©sentation que j’ai dĂ» crĂ©er parmi la dizaine de documents Ă  livrer

J’en ressors avec une certaine fiertĂ©, comme tous les Ă©tudiants je pense : c’Ă©tait du boulot !

Ca me sera utile dans mon travail au quotidien. Au passage, j’ai pu repĂ©rer des petits dĂ©tails Ă  corriger en cours de route, ça m’a donnĂ© de nouvelles idĂ©es pour OpenClassrooms… et surtout j’ai vraiment apprĂ©ciĂ© l’expĂ©rience.

Il y a encore du boulot pour qu’on s’amĂ©liore, bien sĂ»r. Il y aura toujours du boulot. Mais je sais que je recommencerai. Je reprendrai de la soupe. 😋

La conception « inversée » des formations sur OpenClassrooms

Depuis ses dĂ©buts en 1999, OpenClassrooms (auparavant « Site du ZĂ©ro ») concevait uniquement des cours en ligne dans un format en self-service. A partir de 2013, nous avons progressivement dĂ©veloppĂ© des formations diplĂŽmantes avec une approche centrĂ©e sur l’employabilitĂ© des Ă©tudiants.

ConcrĂštement, nous considĂ©rons avoir rĂ©ussi notre travail uniquement si les Ă©tudiants trouvent un mĂ©tier Ă  la fin. Ce n’est pas un hasard si le nombre d’emplois crĂ©Ă©s est la premiĂšre mĂ©trique suivie chez OpenClassrooms, au mĂȘme niveau que le chiffre d’affaires.

Dans le systĂšme Ă©ducatif que nous connaissons tous, en temps normal un Ă©tudiant :

  1. Suit des cours
  2. Valide ses connaissances avec un examen diplĂŽmant
  3. Cherche ensuite un travail

L’Ă©cole produit d’abord les cours, ensuite les examens et laisse les Ă©tudiants chercher un travail Ă  la toute fin.

Nous avons pris le parti d’inverser cette logique et de commencer par le mĂ©tier que l’Ă©tudiant pourrait exercer. Ce schĂ©ma issu de nos documents internes rĂ©sume notre mĂ©thodologie :

Nous procédons donc comme ceci :

  1. Nous recherchons les mĂ©tiers les plus demandĂ©s sur le marchĂ©. Pour cela, nous utilisons des sources aussi variĂ©es que les annonces d’emploi ou des agrĂ©gateurs tels que Talent Neuron. Les mĂ©tiers moins demandĂ©s ne font pas partie de notre stratĂ©gie : nous privilĂ©gions les mĂ©tiers en tension, c’est-Ă -dire oĂč les recruteurs ont des difficultĂ©s Ă  trouver les bons talents.
  2. Nous extrayons les compĂ©tences du mĂ©tier sĂ©lectionnĂ©. Nous conduisons une analyse approfondie du mĂ©tier en rencontrant des experts et des recruteurs. Souvent, les entreprises utilisent le mĂȘme terme comme « Data Scientist » pour exprimer des missions trĂšs diffĂ©rentes. Notre rĂŽle est ici de faire un choix Ă©ditorial : en moyenne, quelles sont les compĂ©tences attendues pour le mĂ©tier visĂ© ?
  3. Ensuite, nous concevons les projets qui permettront aux Ă©tudiants de montrer qu’ils ont acquis ces compĂ©tences. Les projets sont inspirĂ©s de vraies missions dont les Ă©tudiants pourraient avoir la responsabilitĂ©. Un projet valide une ou plusieurs compĂ©tences Ă  la fois (rarement plus de 4 ou 5 compĂ©tences).
  4. Viennent enfin les cours. Une fois les projets dĂ©finis, nous nous interrogeons : de quelles ressources les Ă©tudiants auront-ils besoin pour rĂ©aliser ces projets ? Nous crĂ©ons nos propres cours que nous diffusons tous gratuitement sous licence libre Creative Commons. Nous n’hĂ©sitons pas aussi Ă  lister d’autres ressources utiles afin que les Ă©tudiants prennent l’habitude de varier leurs sources.

La crĂ©ation des contenus proprement dits intervient donc en dernier Ă  l’Ă©tape 4. C’est l’Ă©tape la plus longue et la plus coĂ»teuse (et, paradoxalement, les cours eux-mĂȘmes ne sont pas vendus chez OpenClassrooms). Cependant, tout cela n’a de sens que si les Ă©tapes 1 Ă  3 sont rĂ©alisĂ©es avec la plus grande rigueur.

Il faut compter 3 mois pour rĂ©aliser les 3 premiĂšres Ă©tapes, tandis que chaque cours prend environ 5 mois Ă  produire avec l’aide d’experts mĂ©tier, ingĂ©nieurs pĂ©dagogiques et vidĂ©o. Si la production des cours peut ĂȘtre parallĂ©lisĂ©e, il faut nĂ©anmoins compter environ 1 an en pratique pour produire l’ensemble des cours d’une formation.

Les retours de nos étudiants et des recruteurs présents lors des jurys de fin de formation nous donnent des feedbacks utiles que nous intégrons en mettant à jour en continu notre référentiel de compétences, nos projets et nos cours.

Ce billet a Ă©tĂ© initialement rĂ©digĂ© pour les besoins du livre « L’Ă©valuation de la formation – Pilotez et maximisez l’efficacitĂ© de vos formations » (3e Ă©dition, J. Pottiez, Dunod).

L’histoire d’OpenClassrooms en vidĂ©o

Nous avons rĂ©cemment produit une vidĂ©o sous la forme d’un mini-documentaire pour prĂ©senter l’histoire d’OpenClassrooms. Il est centrĂ© sur les co-fondateurs (Pierre et moi). Pas facile de faire quelque chose de satisfaisant tant il y aurait de gens Ă  remercier, mais on sentait qu’il fallait le faire au moins une fois. 😇

Un peu d’archĂ©ologie (Site du ZĂ©ro v1)

Je suis retombĂ© par hasard sur une sauvegarde du Site du ZĂ©ro v1, datant du dĂ©but des annĂ©es 2000 (le site avait Ă©tĂ© lancĂ© fin 1999). Je me suis surpris Ă  relire certains de ces cours que j’ai Ă©crit il y a trĂšs longtemps. Peu d’entre eux ont survĂ©cu, Ă  part quand mĂȘme le cours HTML que je continue encore aujourd’hui Ă  mettre Ă  jour.

Il n’y a peut-ĂȘtre que moi que ça intĂ©resse, mais au cas oĂč il y ait des curieux parmi vous, j’ai dĂ©cidĂ© de publier ces archives. Relire le code source est presque aussi amusant que de relire ces cours. 😆

Les cours que j’ai retrouvĂ©s incluent HTML (le tout premier), Visual Basic, Worldcraft…

Consulter les archives du Site du ZĂ©ro v1

Bonne lecture !

Manifeste

Je souhaitais depuis longtemps rĂ©sumer en une page ce qui me motive, ce qui me donne de l’Ă©nergie, ce qui guide mes dĂ©cisions. J’ai enfin pris le temps de le faire sous la forme d’un manifeste, que je publie ci-dessous.


En 1999, j’avais 13 ans et cherchais des livres pour apprendre Ă  crĂ©er des sites web

L’histoire a commencĂ© simplement : je voulais apprendre Ă  crĂ©er des sites web, mais je ne trouvais pas de ressources pour dĂ©buter. Il y avait bien des livres Ă  la librairie prĂšs de chez moi, mais ils Ă©taient tous clairement destinĂ©s Ă  des professionnels. Quant aux sites web pour se former, en 1999, n’en parlons pas : c’est Ă  peine s’ils existaient.

J’ai passĂ© des annĂ©es Ă  comprendre ce pour quoi je me battais. D’ailleurs, je ne me bats jamais vraiment. Du moins, pas directement. Je prĂ©fĂšre trouver des solutions, combler les manques. C’est ce que j’ai fait, en Ă©crivant le cours dont j’aurais eu besoin. Il est devenu un site web, le Site du ZĂ©ro, puis une entreprise, OpenClassrooms. Les cours qu’on y trouve, tous accessibles gratuitement, bĂ©nĂ©ficient aujourd’hui Ă  2 millions de personnes chaque mois.

J’ai la chance inouĂŻe de recevoir des tĂ©moignages en continu de gens qui me disent que ce que j’ai fait a eu un vĂ©ritable impact sur leur vie professionnelle.

Je n’oublierai jamais comment, la veille de NoĂ«l, alors que je faisais des cadeaux de derniĂšre minute avec ma sƓur, j’avais Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© par cet Ă©tudiant sĂ©nĂ©galais dans une rue d’Avignon. Il avait la chance de pouvoir suivre des Ă©tudes en France dans une Ă©cole parce qu’il avait pu se former en ligne sur mes cours pour rĂ©ussir le concours d’entrĂ©e. Il Ă©tait livreur de sushis pour payer ses Ă©tudes et avait tenu Ă  m’offrir une grande boĂźte de sushis pour me remercier (j’ai donc mangĂ© des sushis Ă  NoĂ«l !). Sa main tremblait au moins autant que la mienne quand il me l’a serrĂ©e.

Je n’oublierai jamais non plus comment cet autre Ă©tudiant, devenu Data Scientist Ă  Paris, m’a racontĂ© son histoire. Originaire d’une petite Ăźle du Pacifique, en PolynĂ©sie Française, il n’avait pas accĂšs Ă  internet. Il profitait de ses passages Ă  Tahiti pour tĂ©lĂ©charger des cours et apprendre, seul, de retour sur son Ăźle. C’est ce qui lui a permis de trouver sa voie et de devenir ce qu’il est aujourd’hui. 


Petit Ă  petit j’ai compris que ce que je menais Ă©tait en fait bien un combat : celui de l’accessibilitĂ© Ă  l’éducation. Je l’ai compris parce que, Ă  chaque fois que je vois un Ă©tudiant se voir refuser d’apprendre pour une raison injuste (quelqu’un qui vous dit « ce n’est pas pour vous »), mon sang se met Ă  bouillir. Je le sens sous ma peau. Ça me rend fou.

Je dĂ©teste autant cette sensation qu’elle ne m’énergise : je ne veux pas en rester lĂ , je veux faire quelque chose.

Je crois qu’on ne choisit pas ce qu’on aime. Cela vient Ă  nous, comme une Ă©vidence, si on prend le temps de s’écouter vraiment.
Je crois qu’il n’y a pas une voie royale pour les Ă©tudes, Ă  suivre Ă  tout prix pour avoir le meilleur poste et le meilleur salaire. Je crois d’ailleurs que c’est chiant, le meilleur poste et le meilleur salaire.
Je crois qu’il y a autant de voies que d’individus.
Je crois que tous les parcours sont atypiques parce que nous sommes uniques.
Je crois qu’il n’y a rien de plus beau et de plus apaisant que d’ĂȘtre enfin dans sa voie.

Je crois qu’on devrait ĂȘtre informĂ©s de tout ça. Et mĂȘme plus : je le veux.

Je veux qu’on ait accĂšs Ă  une information complĂšte, non biaisĂ©e, des mĂ©tiers qui existent.
Je veux qu’on puisse se faire accompagner, sans jugement, pour dĂ©couvrir ce qui nous plaĂźt vraiment.
Je veux qu’on puisse se former, se tromper de voie, recommencer à tout moment de la vie.
Je veux qu’il y ait une solution prĂ©cise pour chaque Ă©tudiant qui ne peut pas suivre une formation quand il n’a pas les prĂ©requis.
Je veux qu’il y ait une solution quel que soit le handicap : auditif, visuel, moteur
 financier.
Je veux une plus grande diversitĂ© de profils dans tous les mĂ©tiers, parce qu’une sociĂ©tĂ© plus inclusive part de lĂ .

Je veux beaucoup de choses. Mais c’est bien, c’est apaisant : je suis dans ma voie. Celle qui consiste à aider les autres à trouver la leur.

Mathieu Nebra

Sortez.

C’est une histoire que je raconte souvent aux gens qui me demandent comment je gĂšre tout ce qui se passe chez OpenClassrooms. Vu de l’extĂ©rieur, on peut avoir l’impression que c’est difficile de ne pas devenir fou :

  • On est environ 100 personnes aujourd’hui (il y a un an, on Ă©tait
 35)
  • Notre chiffre d’affaire a augmentĂ© de +120% l’an dernier

Il n’y a pas de recette magique, mais je partage volontiers quelque chose que nous avons toujours rĂ©guliĂšrement fait avec mon associĂ© Pierre : nous sortons. Tous les deux, hors du bureau.

Tous les 6 mois, nous prenons un week-end de 3 jours hors des bureaux. Nous allons souvent dans un chĂąlet dans les Alpes, et nous avons mĂȘme poussĂ© une fois jusqu’en Italie. La clĂ© semble ĂȘtre d’aller aussi loin de la civilisation que possible, pour Ă©viter toute distraction.

Qu’y faisons-nous ?

Nous parlons beaucoup.

Nous listons tout ce dont nous voulons parler. Tout ce qui nous passe par la tĂȘte.

Ensuite, nous en parlons, jusqu’à ce que nous tombions tous les deux d’accord sur des solutions. C’est plus facile que ça en a l’air pour nous, peut-ĂȘtre parce que nous nous sommes amĂ©liorĂ©s au fil du temps. La clĂ©, c’est la pratique (comme un peu tout dans la vie). 😉

Les dĂ©cisions les plus importantes ont Ă©tĂ© prises de cette façon. Une fois, nous avons dĂ©cidĂ© que nous en avions marre des pubs sur notre site et que vendre des livres n’allait pas nous permettre d’évoluer beaucoup. Nous avons choisi d’arrĂȘter nos 2 principales sources de revenus
 et nous avons dĂ©cidĂ© d’en dĂ©marrer une nouvelle, qui serait basĂ©e sur un modĂšle freemium.

Cela a pris 2 ans. Quand on y pense, c’était une des dĂ©cisions les plus importantes et les plus positives que nous ayons pu prendre. Elle a permis le succĂšs de l’entreprise qui a suivi.


Nous partons donc, et c’est aussi simple que ça. J’en parle aujourd’hui parce que j’ai l’impression que trop peu d’entrepreneurs semblent oser faire ça. Ce n’est pourtant pas comme si leur entreprise ou le monde allait s’écrouler en leur absence.

Partir nous a prouvĂ© Ă  chaque fois que cela nous aidait Ă  percevoir les choses avec plus de hauteur de vue. Au sens figuré  comme au sens propre. 🌁